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La mine en questions


Extrait de l'interview de Monsieur Monsieur Henri André

Ancien mineur dans le bassin de l'Ondaine

Réalisée par des élèves du C.M.2 de l' école Emile Zola


Mineur

Je me présente :

Je m'appelle Henri  André, je suis né au Chambon-Feugerolles. Dès quatorze ans, j'ai commencé à travailler dans la mine et ceci pendant trente deux ans.

Je suis fils et petit-fils de mineur, et bien que mon père m'ait destiné à une autre carrière en me faisant  faire des études, j'étais trop attiré par la mine et j'ai tout arrêté  pour me faire embaucher au puits Flottard.

Nabil : Pouvez vous raconter le déroulement de la journée d'un mineur ?

Le mineur se lève de très bonne heure parce qu'il prend son poste de travail à six heures du matin. Il part à la mine après avoir bu son petit déjeuner. A son arrivée dans les lieux qui s'appellent  le lavabo (dans le nord ça s'appelle la salle des pendus), c'est à dire les douches collectives et les vestiaires où on trouve les paniers suspendus avec les habits de travail. Il va se changer puis se rend dans une autre salle où l' on va lui remettre sa lampe : la lampisterie. Cette lampe est personnelle et elle correspond à un numéro. Moi par exemple j'avais le numéro 44 et on ne me connaissait que par mon numéro. Ceci  s'explique parce qu'il y avait beaucoup de mineurs de la même famille, portant le même nom ,qui travaillaient dans le même puits et il fallait bien les différencier pour que le lampiste puisse faire le pointage des ouvriers. Avec sa lampe chargée, le mineur peut descendre au fond où il fera diverses taches; il pourra être  piqueur, toucheur, boiseur ... cela dépend de son âge et de sa qualification. A la fin de la journée,  il remonte à la surface et repasse devant le lampiste  pour y déposer sa lampe à l'endroit exact où il l'avait prise. c'est grâce à la présence des lampes que le lampiste pourra savoir si tous les ouvriers sont remontés du fond. Ensuite il se rend au vestiaire et tout le monde prend sa douche à la queue-leu-leu parce que chacun  lave le dos du copain, puis  il reprend ses habits et rentre chez lui.

Riad : Quelles étaient les conditions de travail dans la mine ?

Elles étaient pénibles, souvent difficiles. Une des premières était l'obscurité. Dans l'ancien temps, on utilisait des lampes qui donnaient très peu de lumière: à peu près la luminosité d'une grosse bougie. Il a fallu attendre 1948 pour qu' on ait des lampes au chapeau: les lampes CAP qui amélioraient la sécurité grâce à la puissance de leur faisceau lumineux. Autre condition difficile : la chaleur. Il faisait très chaud au fond de la mine entre trente et quarante degrés au fond des galeries. Il faut pas s'étonner qu'on voit souvent des photographies de mineurs travaillants complètement nus avec seulement une petite bonnette sur la tête pour éponger la sueur. Le problème, c'était l'humidité parce qu'on trouvait toujours de l' eau dans la mine et il avait jusqu'a 80% d'humidité dans l'air. On travaillait dans un véritable sauna, alors si l'on ajoute la chaleur, l'humidité et le manque d'air, on travaillait dans un vrai sauna. Une autre condition pénible c'était la poussière. Parfois il y avait tellement de poussière, de particules de charbon dans l'air qu'on ne pouvait pas voir son collègue à un mètre de soi.

Riad : est ce qu'il avait beaucoup de bruit ?

C'était quelque chose d'énorme ! Vous avez tous entendu un marteau piqueur ? Et bien au fond, dans un espace grand comme une classe mais, deux fois moins haut, on pouvait trouver vingt marteaux piqueurs, alors vous imaginez le vacarme! Un autre bruit très fatiguant c'est celui des ventilateurs à air comprimé. Ils résonnaient en permanence dans les galeries et c'était vraiment assourdissant. D'ailleurs, la surdité va devenir une maladie professionnelle, ce qui va obliger les patrons des mines à équiper le matériel de silencieux et le personnel de casques anti-bruit

Samir : Quelle était l'organisation du travail dans la mine ?

Il faut savoir une chose, c'est que la mine est vivante comme vous et moi . Elle bouge sans arrêt et on ne la trouve jamais dans l'état ou l'on l'avait laissée la veille. Les galeries ont une tendance à rétrécir, à se tasser à cause de la  pression, alors il faut vérifier le soutènement et l'aérage des fendues. Ce qui va obliger à ce qu'il y ait des mineurs en permanence dans les galeries : 24 heures sur 24 et tous les jours de l'année. Même le dimanche et le jour de la Sainte Barbe. On va organiser des postes de travail.

Le poste 1 débutera à six heures du matin pour terminer à quatorze heures, le poste 2 ira jusqu'a vingt deux heures et le 3 le poste de nuit, commencera à vingt deux heures pour finir à six heures le lendemain matin.

Samir : est ce que le mineur travaillait toujours à la même heure ?

Généralement oui. Au poste1 on trouvera les abatteurs (piqueurs) qui  vont arracher le charbon et leurs aides : les chargeurs qui remplissent les berlines et les rouleurs qui les poussent. Le poste 2 n'était pas un poste de production de charbon .Les gens qui travaillaient là avaient pour mission de reboucher les trous qui avaient été faits au cours du poste précédent. On les appelaient les remblayeurs. Ils descendaient des pierres dans les berlines et comblaient les saignées du matin. Le poste 3, c'était une période de réparation pendant laquelle les mineurs vérifiaient le boisage, installaient les rails pour les wagonnets et entretenaient le matériel: aération, machines, etc.

Bien sur, s'il y avait une grosse commande de charbon, on augmentait les postes d'abattage et les piqueteurs travaillaient même de nuit, mais ça ne durait jamais plus d'un mois.

Samir : Quelle était l'organisation administrative de la mine ? Qui payait les mineurs  ? A  qui  appartenaient les mines ?

Les mines possédaient un service administratif dans lequel il y avait des gens qui s'occupaient de faire les fiches de paye des mineurs. D' ailleurs, selon leur tache, les mineurs n'étaient pas payés de la même façon. Les piqueurs par exemple étaient payés à la qualité de charbon qu'ils avaient extraite, ceux qui creusaient dans la terre pour trouver des veines du charbon étaient payés au mètre de galerie, alors que d'autres ouvriers comme les boiseurs étaient payés à l'heure de travail. Dans les services,  il y avait aussi des gens qui pointaient les ouvriers malades et bien entendu des secrétaires comme dans toute administration. Pour ce qui est l'appartenance des mines, elles étaient regroupées en concession, chaque concession appartenait à un patron qui décidait de la paye du personnel et de l'achat du matériel de ses mines, ce qui apportait de grosses différences d'une concession à l'autre. C'est à partir de 1946, après la seconde guerre mondiale, que les mines ont été nationalisées et regroupées sous le nom de Charbonnages de France.

Anna : Quels étaient les dangers de la mine ?

Le plus connu, c'était le grisou. Ce gaz est très léger et s'accumule en haut des galeries en formant des poches très dangereuses. au début du siècle, dans le nord de la France il y a eu un coup de grisou qui, en quelques minutes, à provoqué la mort de plus de mille personnes. Pour se protéger de ce gaz qu'on ne peut pas déceler (il n'a pas de couleur pas d'odeur et pas de goût), on a inventé une lampe de sécurité dont la flamme grandit en présence du grisou ce qui permet aux mineurs de s'éloigner du danger .Le deuxième risque, c'est le feu. Le charbon, sous l'effet la chaleur et de l'oxygène, peut s'enflammer tout seul. L'incendie se propage alors dans les galeries à cause de la poussière en suspension. Pour lutter contre cette poussière, on a installé des coupe feux: des bacs en polystyrène  remplis d'eau qui explosent sous l'effet du souffle de l'incendie et plaquent la poussière au sol, ce qui bloque la progression des flammes. Mais ces incendies provoquent la formation d'oxyde de carbone qui peut asphyxier les mineurs. Pour repérer ce gaz , chaque équipe descendait un canari au fond du puits, lorsque l'oiseau s'affolait  les mineurs savaient qu'il y avait du gaz et ils s'éloignaient. Un autre danger de la mine, ce sont les éboulements. Parfois, le boisage se cassait et provoquait l'effondrement de la galerie, écrasant toutes les personnes qui se trouvaient là. C'est pour ça qu'on a fabriqué des soutènements métalliques beaucoup plus solides et on a équipé les galeries de grillages de protection.

Anna : Pourquoi certains mineurs sont ils malades après avoir arrêté le travail ?

En effet, beaucoup de mineurs avaient de gros problèmes respiratoires à cause de la poussière de charbon. Ils étaient victimes d' une maladie qu'on appelle la silicose et qui provoque "des cavernes" dans les poumons, ce qui peut entraîner la mort.

Myriam : Pouvez vous nous parler des enfants et des femmes dans la mine ?

Dans notre région, il n'y a jamais eu de femmes au fond de la mine. Mais la mine va employer quand même des femmes qui vont travailler en surface pour trier le charbon et enlever les cailloux: ce sont les clapeuses.

D'autres vont travailler dans les hôpitaux des mines ou à l'entretien des lampes. Pour ce qui est des enfants, on en trouvait au fond de la mine . Au début ils pouvaient avoir huit ou dix ans mais, après la mise en place de la législation du travail, on n'avait plus le droit de travailler avant quatorze ans. En général les enfants s'occupaient de diriger les chevaux, on les appelaient les toucheurs; dans le nord c'étaient les galibots. Dans l'ancien temps, il y avaient beaucoup de chevaux dans le fond de la mine, ils vivaient dans de grandes écuries entretenues par un plalfrenier. Ils travaillaient durement à tirer les berlines mais ils étaient généralement très bien soignés. Certain chevaux avaient appris à compter le nombre de bennes qu'on attachait à leur dos d'après le cliquetis des chaînes qui se tendaient au départ et refusaient d'avancer si il en avait plus que d'habitude. Le cheval et son toucheur formait un couple qui faisait vraiment partie de la mine. Avec la mécanisation de la mine, les chevaux ont peu à peu disparu. C'est en  1962 qu' on a vu remonter le dernier cheval dans la région.

Myriam : Est ce que les femmes avaient les mêmes horaires, les mêmes salaires et les mêmes vestiaires que les hommes ?

les  femmes  (les clapeuses) ne travaillaient qu'a trier le charbon pendant la production. Elles étaient toujours bien moins payées que les hommes. Elles avaient leur propre vestiaire. Dans des bâtiments séparés de ceux des hommes mais conçus exactement de la même façon.

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